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Nostalgie

Dancing queen

Young and sweet, only seventeen

Dans la rue, dans le tram, dans les vestiaires, j'observe, j'écoute et je me dis qu'heureusement pour moi, j'ai passé l'âge de devoir toujours supporter la comparaison. Ca doit être dur d'être ado, si tu n'es pas filiforme, si tu n'as pas de répartie et si tu n'en veux pas à mort. Je n'étais rien de tout cela et c'est la raison pour laquelle je ne voudrais pour rien au monde retourner en arrière, à une période où j'étais encore moins sûre de moi que maintenant, à combattre mes complexes concernant mon acné, mes galbes ingommables, mon nez si présent... quelle horreur!

Je préfère avoir déjà éludé certains mystères et en être à un moment de ma vie où je me suis acceptée et je suis bien avec moi-même.


J-une tonne de boulot

Alors réfléchissons vite et réfléchissons bien... Il faut que je songe encore à acheter une vignette pour la tente-remorque, à faire les valises... qu'est-ce qu'il veut lui? Ah non, je ne peux pas vérifier la version française et italienne... à faire retenir mon courrier... non, il ne faut pas planifier de séance vendredi... à confirmer ma nuitée à l'auberge de jeunesse, à passer chez l'esthéticienne pour être parfaite sur la plage, à passer le flambeau pendant mon absence... quoi? le chef veut que je lui amène les copies des articles parus, il ne peut pas le faire lui-même, vu que je lui ai fourni les liens?... à faire un peu le ménage, à couper la haie, à actualiser mon gestionnaire d'absence, à ranger mon bureau, bref, toutes ces mille petites choses qui précèdent un voyage!


Dernier lundi

Pourquoi faut-il que la dernière semaine avant les vacances ait toujours l'aspect d'un branle-bas de combat? Vite, vite, il faut encore rédiger un texte, corriger des traductions, supporter encore quelques jours la chaleur des feux de la rampe, régler un problème administratif qui me concerne, mais ne dépend pas de moi, se battre avec le service des contributions pour les montants retenus dans la taxation définitive, se faire tirer l'oreille par le service cantonal des sports...

Bref, le compte à rebours est lancé.


Dernier dimanche

Dans la fraîcheur de la chambre, je feuillette la presse dominicale et je souris en découvrant qu'une de mes études a été reprise dans un article. Qui l'aurait cru?


Couleur rouge

Touche de couleur se balançant doucement dans les champs de blé!


Grand ouverts

J'ignore comment aborder le sujet ici sans être scabreuse.

Allez, je tente le coup.

Nous étions entre filles et nous parlions de relations sexuelles. Nous parlions de la gêne que nous avions pu éprouver les premières fois. A la manière de détourner le regard, de fermer les yeux, d'éteindre la lumière ou d'en parler à tort et à travers après. Et nous nous demandions s'il en était de même pour les garçons, s'ils éprouvaient cette même gêne.

Et aujourd'hui? Aujourd'hui, je garde les yeux ouverts. Attentive à l'expression du visage, à la respiration de l'autre quand je pars à la découverte de son corps et avide de garder des images, des regards, des soupirs de ces moments particuliers.


Bagarre

Quand deux personnes se bagarrent dans la rue, la plupart du temps, les gens s'arrêtent, regardent et n'interviennent pas. A vrai dire, j'ai aussi ce genre de réaction. Ce qui me retient n'est pas un manque de courage, mais je me pose plutôt la question si je dois ou si je ne dois pas intervenir.

Or, hier, deux personnes se disputaient à l'arrêt du bus. Un jeune gars qui incitait l'autre à le frapper n'était manifestement pas dans son état normal. Et l'autre, plus balèze, se retenait par peur de l'assommer. Le premier l'encourageait à grand renfort d'injures et le deuxième lui a finalement flanqué deux gifles. Résultat, le premier avait la bouche en sang.

Je suis intervenue à ce moment-là. Je me suis interposée. Le premier n'avait qu'une idée en tête, continuer à insulter l'autre pour qu'il le frappe, et le deuxième était soulagé que quelqu'un intervienne. Je suis restée jusqu'à l'arrivée de la police.


Journée mondiale des réfugiés

Chacun de nous est la somme de ce qu'il n'a pas calculé.

Tom Wolfe - L'Ange exilé


Et si on l'avait fait?

As-tu des personnes dans ton entourage avec qui tu entretiens des relations ambiguës? me demandait Zieuxbleus, l'autre jour. Dans un premier élan, j'ai répondu non. Il y a beaucoup de personnes qui me tiennent à coeur, qui comptent vraiment pour moi et pour lesquelles je suis prête à beaucoup. Elles font partie de ma vie mais ne l'engloutissent pas.

Après réflexion, je me dis qu'il y a bien ce collègue qui vient systématiquement discuter avec moi tous les jours. J'ai l'impression qu'il m'aime bien, bien qu'on soit diamétramelement opposé dans nos convictions et nos modes de vie. Rien qu'à cause de ces différences, il pourra jamais rien y avoir entre nous! N'empêche qu'il est là tous les matins à vouloir passer un moment avec moi!

Et puis, il y a ce beau gosse, métrosexuel, que je croise régulièrement. Il plaît à tout le monde, aux grands comme aux petits et ne suscite aucune jalousie chez les mecs. Il y a des moments où nous sommes très proches et je me prends à rêver que s'il devait exister un Prince Charmant, il lui ressemblerait comme deux gouttes d'eau. Mais, tout le monde sait. Le Prince Charmant ne tombe pas amoureux de Cendrillon. Désolée les filles, mais c'est de la fiction!

Et pour terminer ma conversation avec Mme Farfa, le souci avec certaines personnes, c'est quand on n'arrive plus à se détacher et à continuer à avoir une vie "pour son compte". Quand la distance blesse. Quand le coeur brûle d'une chose qu'il ne pourra de toute façon pas avoir. Quand les pensées interceptent le plaisir et ne laissent passer que le manque. Quand l'appétit s'émousse. Quand on n'a plus envie d'avoir mal, mais qu'on ne veut pas que ça s'arrête. Que fait-on dans ce cas-là?

 

Est-ce que si on l'avait fait, on se ferait l'effet qu'on se fait?


Mythique

Juste mythique...