Juste après les fêtes, j'ai entendu une discussion dans le bus entre un groupe de garçons entre 14 et 17 ans et une fille qui voulait des informations sur une autre fille qui avait eu des relations sexuelles avec plusieurs garçons du groupe. Les questions de la fille étaient précises et ciblées. Qui avait fait quoi avec cette fille? Est-ce qu'il y avait des préservatifs, un matelas? S'y prenait-elle bien? Avait-elle eu du plaisir? Pour une histoire qui ne devait pas se savoir, j'ai eu vent, bien malgré moi, de tous les détails. Loin d'avoir gagné le respect des garçons, elle se faisait - qui plus est - traiter de tous les noms.
Avant d'entendre parler des affaires d'Estavayer-le-Lac et de Courtételle, je n'imaginais même pas que les participants, même consentants, pouvaient être inquiétés par la justice. C'est là que je me rends compte que j'ai toujours une part d'innocence en moi.
Cette discussion m'a renvoyée à l'ado que je pouvais être à 15 ans... J'ai reçu une éducation du Sud, la relation sexuelle étant tabou. J'ai eu peur suffisamment longtemps de la réaction de mes parents, du regard des autres pour ne pas passer le cap trop vite. J'approchais plus des 20 ans que des 15, quand j'ai rencontré un garçon suffisamment patient pour faire le tri entre mes peurs et mes envies. Je tiens d'ailleurs à le remercier ici d'avoir pris le temps avec moi et de m'avoir donné du plaisir avant d'entreprendre plus.
J'ai pourtant toujours l'impression que rien ne change. Si une fille se refuse, elle a le mauvais rôle parce qu'elle refuse. Si elle accepte, elle a aussi le mauvais rôle parce qu'elle n'aurait pas dû le faire. Quel est le bon comportement, hein?
Accessoirement, c'est tellement mieux plus tard. Quand on comprend que c'est tout à son avantage de faire les choses dont on a envie, de les faire comme on a envie de les faire, que le chantage ne doit pas avoir de prise sur une relation. Enfin, bon, ça, c'est une autre histoire... quoique!