Tous ces bouts d'histoires qu'on saisit au détour d'une rue, qu'on entend dans le bus, qu'on perçoit dans un coin de vestiaire...
Il y avait d'abord ces deux femmes d'une soixantaine d'années qui discutaient dans le bus d'un voyage qu'elles faisaient toutes les années. Mais l'année précédente, l'une des deux n'avait pas pu y participer parce qu'elle était en chimio. Elle l'a dit avec un tel détachement, c'était impressionnant. Elle aurait tout aussi pu dire qu'elle avait eu un mariage ou tout autre empêchement. Je n'ai pas pu me retenir de jeter un coup d'oeil derrière moi pour voir de quoi elles avaient l'air. Deux femmes soignées et souriantes. Si elles n'en avaient pas parlé, jamais je n'aurais imaginé que l'une d'elles avait eu un cancer, tant elles semblaient peu marquées par la vie. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences!
Puis, je suis descendue du bus et j'ai commencé l'ascension jusqu'à ma petite maison dans la forêt. Dans un recoin protégé de cette même rue, il y avait une fille et un garçon qui parlaient. La fille annonçait la couleur: " Sa copine est enceinte. Il faudrait qu'il se calme". Encore une porte ouverte à des associations d'idées. "Il faudrait qu'il se calme", est-ce qu il faut qu'il arrête de draguer les autres filles, de faire la noce, etc.? Quelle sera la vie de cette "copine" s'il ne devait pas se calmer?
Voilà, c'est dit.
Allez j'y retourne!
Pour les petits chanceux, bon dernier après-midi de la semaine et, pour les autres, courage, le week-end est bientôt là.