Il y a 3 ans, à cette heure-ci, j'errais dans les abris de la protection civile en attendant une réponse, un signe, une décision...
Ma voisine m'avait appelé le matin aux alentours de 10h, toute affolée. "Ma chérie, tu ne sais pas quoi? La maison est en train de brûler". Je dois bien l'avouer. Dans un premier temps, l'idée m'a fait rire. Les propriétaires souhaitaient justement vendre la maison. Cet incendie tombait vraiment à pic. En plus, la semaine suivante, il devait justement y avoir un contrôle des installations électriques (vous allez rire! Devinez quelle était la cause de l'incendie?).
Je sais que je suis allée annoncer la nouvelle au secrétariat et la responsable du service info m'a alors dit qu'il fallait absolument que je rentre. L'idée me semblait absurde, de toute façon, je ne pouvais rien faire pour éteindre le feu. Finalement, elle m'a convaincue arguant que les pompiers avaient sûrement besoin des clés pour essayer de sauver le maximum dans l'appart.
Une collègue m'a conduite à la maison. J'étais en bas de l'immeuble. Les propriétaires sont arrivés, le sourire aux lèvres. Quand je disais que cet incendie faisait leurs affaires... Bien que voyant les flammes, je n'arrivais toujours pas à croire que c'était vrai. Imaginez, vous sortez - tout ce qu'il y a de plus tranquille et normal - de la maison le matin et, à midi, vous n'avez plus d'endroit où dormir.
Puis, on nous a tous conduits aux abris où nous avons pu manger bien des heures plus tard. Aux alentours de 16h, nous avons pu retourner dans les appartements sous haute vigilance des pompiers pour récupérer quelques affaires. L'eau coulait par les lampes, les tapis et les meubles baignaient dans 10cm d'eau...
Quelques affaires... qu'est-ce que ça veut dire? A ce moment-là, on n'imagine pas encore qu'on ne va plus revenir pendant plusieurs mois. On prend des affaires pour quelques jours, des affaires d'hiver. On n'imagine pas que le service sanitaire va déclarer l'appartement insalubre, on ne pense pas que les travaux de réfection ne commenceront que lorsque proprios, assurances et office de prévention des incendies se seront mis d'accord sur les différents devis, on n'imagine pas qu'il faudra plusieurs semaines pour assécher une maison avant d'entreprendre des travaux de maçonnerie, de peinture, de toiture... Et quand, quelques mois plus tard, on téléphone à l'entreprise d'assainissement pour pouvoir récupérer des affaires au garde-meuble, on reste sidéré de se faire enguirlander de n'avoir pas pensé à prendre des habits d'été.
Enfin, bon, c'est du passé et je suis bien contente que ce soit du passé.