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Nostalgie

Incubation

J´ai froid, je grelotte et pourtant la chaleur transperce mon jean, mes mains sont chaudes sur mon visage. Mes yeux brûlent, le torticolis menace et j´ai une douleur plantée dans la hanche.

Idéalement, il faudrait que je me repasse mes slides, concrètement, il faudrait que je me couche. Mais le programme continue. Je suis attendue dans un petit restaurant qui surplombe le Danube, à quelques pas de la cathédrale.


De la Mediterranee au Danube

Ou les tribulations d´une fourmi en Europe. Des massifs roses comme l´Esterel baignant dans les eaux bleues aux froides contrées bavaroises aux confins de la République Tchèque, de la bande de copains à la délégation suisse, des baskets aux escarpins, de l'extrêmement débraillée à l'exceptionnellement élégante, de l'observatrice passive et nonchalante à l'oratrice active et convaincante.

Mais que suis-je venue faire dans cette galère?


Villégiature

Profitant du soleil, la joyeuse troupe de gais lurons (que je rejoins ponctuellement) s'est mise en route pour un haut lieu de villégiature très prisé dans les années cinquante. Au programme du week-end, donc,  

Sole, mare e farniente!

D'ailleurs, au moment où vous me lisez, je suis déjà en train de....


Peau de chagrin

Elle subit les assauts des hormones qui la gonflent et la dégonflent, du vent, du froid ou du soleil qui la dessèchent, du temps qui lui fait perdre sa souplesse, la marque, la macule ou la dépigmente, la ternit, la flétrit, l'altère... trahissant le temps qui s'amenuise telle une peau de chagrin.


Soyons clairs!

J'ai une foi incurable en la vie. J'ai un côté un brin idéaliste. L'atmosphère intimiste de ce blog provient sûrement de mon introversion; j'ai bâti une petite bulle autour de moi que j'aime préserver. Mais j'aime me mêler aux autres, j'aime plaisanter, j'aime rire, j'aime qu'on se sente bien avec moi, j'aime être entourée, et d'ailleurs, je suis rarement seule.

Si j'ai créé ce blog, c'est pour mettre à plat mes incertitudes, mes bons moments, mes colères (si! si! en cherchant bien, vous trouverez!)... mais mettons les points sur les i, je ne suis pas à la recherche de l'âme soeur.


Fière de mon canton

Dont on faisait l'éloge au 12h30 aujourd'hui.

Fière de savoir que les facteurs d'intégration montrent que près des trois quarts des étrangers sont intégrés et que ces facteurs continuent de croître. Fière de nous savoir ouverts et pragmatiques. Fière d'entendre dire que les étrangers sont là pour façonner leur vie et suivent les règles du jeu. Fière - encore - d'entendre que quelle que soit leur provenance - européenne ou non - il y a un travail d'intégration qui doit être fait.

Voilà c'est dit. Maintenant, je retourne travailler.


Vendredi noir

Des remarques acerbes, plus une sanction que j'ai prise dans les dents, qui m'a prise aux tripes et qui m'est restée au travers de l'estomac... Pas étonnant que je compense une telle journée par un fièvreux samedi de shopping compulsif.

Officiellement, mes prochains voyages professionnels m'offrent en plus le prétexte idéal pour dire que j'ai besoin de mettre de nouveaux éléments dans ma valise. Quelques dentelles bordeaux à porter à même la peau, une nouvelle fragrance, un fin collier aux fleurs de Murano, ainsi que d'autres babioles.

Je me suis ensuite posée à la terrasse ombragée de la gelateria et me suis bu un bon café. Je me suis quand même posée la question. Pourquoi de tels achats alors que je n'ai honnêtement besoin de rien? Pour me faire du bien, c'est un fait. Mais quelle est la part de séduction dans ces achats? J'ai certes choisi ce qu'il me plaisait mais à partir du moment où je me mets en valeur, n'est-ce pas un premier pas vers la séduction?


Existences virtuelles

Blog, quand tu nous tiens!

Lui cherche une bouffée d'air dans la routine qui l'asphyxie, elle a besoin de dire que son cœur lui sort par la gorge. Il a l'impression de s'engluer dans la vie quotidienne, elle a besoin de cette régularité pour être libre. Il se demande quel est son prochain objectif après le travail, la maison et la famille, elle manque de temps pour réaliser tous ses projets. Il souhaite déclencher l'étincelle qui illumine sa vie, elle cherche à oublier ce soubresaut dans un monde où elle ne veut rien changer. Il veut éveiller l'émotion, elle souhaite la faire taire en l'évacuant par écrit. 

Derrière toutes ces existences virtuelles se trouvent des personnes qui cherchent des réponses à leurs questions ou qui souhaitent tout simplement nous faire partager un moment de leur vie.


Jubilé

Pour ce 100e post, il fallait que mon thème du jour ne soit ni bizuté par les téléphones incessants des journalistes, ni par la préparation de présentations diverses. Je suis donc partie pour les hautes contrées afin de faire table rase. J'ai chaussé mes godillots pour chevaucher les cimes au delà de la limite des conifères. Voici, en quelques mots, ma balade:

Dans un premier temps, la balade est tranquille et basée sur l'observation de la faune et de la géologie du terrain. Marmottes et choucas m'accompagnent de leurs sifflements dans mon voyage. Le bruit de mes pas est sourd sur le terrain imbibé d'eau. L'eau ravine les parois alentours et charrie les eaux grises des glaciers.

Puis, la pente s'incline et je commence l'ascension. Ma concentration se tourne vers mon rythme interne. Des panneaux incitent d'ailleurs le randonneur à monter à son rythme sans forcer. Je quitte les alpages, l'herbe se fait rare. Le rocher qui s'effrite roule sous mes semelles. Cà et là, des plaques de neige. Tout est gris. Dans ce monde minéral, il n'y a plus aucun signe de vie à part quelques lichens et fleurs épars. Ma respiration est régulière, même au bout de quelques heures. La croix, là-bas devant moi, indique que je suis bientôt arrivée et bientôt apparaît la cabane. Pas de douche disponible, pas de chasse d'eau aux toilettes. Un bon repas, un lit, le strict minimum.

Le lendemain, je me lève tôt pour voir le soleil se lever sur les cimes. Tout est rose. Tout est silence. Pour rejoindre la civilisation, il faut que je redescende de mon perchoir. Encore dans l'ombre, au pied de la cabane, je regarde le glacier sur lequel je dois passer. La traversée de la morraine s'avère impressionnante. Plus loin, je suis méticuleusement le balisage sur le glacier. Le passage du pierrier me demande le plus d'effort, les pierres bougent, les bâtons sont inutilisables et je perds facilement l'équilibre. Une fois, le col atteint, j'entame la descente. Mes genoux implorent ma pitié, mais il faut bien que je redescende. L'alpage fleure bon et la journée est douce. Le paysage est magnifique, je passe devant deux autres glaciers. Je n'imaginais pas que la Suisse était si riche en glaciers. Premières vaches, premières voitures, je m'approche de la civilisation, mais le village est encore à une heure de marche. J'aperçois encore quelques marmottes. Aux premiers arbres, je discerne les premières maisons. Les genoux me font mal, je m'appuie de plus en plus sur mes bâtons pour alléger la charge. Mais la balade en valait la peine.

Et je résumerai ces journées et ce que j'ai ressenti par ces mots:

"L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années,
 mais celui qui a le plus senti la vie "    J.-J. Rousseau